3 articles avec auto-observation

Commencer sur le chemin de la connaissance de soi et de l'éveil de façon simple et concrète

Publié le par lovol spirit

Que veut dire « Connais-toi toi-même ? »

Extrait de « Fragment d'un enseignement inconnu », Ouspensky, chapitre 6.

L’homme ordinaire de notre temps, même s’il s’intéresse à la philosophie ou aux sciences, ne comprend pas que le principe « Connais-toi toi-même » se réfère à la nécessité de connaître sa propre machine, la « machine humaine ».

Le principe « Connais-toi toi-même » a un contenu très riche. Il exige en premier lieu, de l’homme qui veut se connaître, qu’il comprenne ce que cela veut dire, dans quel ensemble de relations s’inscrit cette connaissance, et ce dont elle dépend nécessairement.

Quelle différence entre connaissance de soi et l'étude de soi ?

La connaissance de soi, c’est un but très haut, mais très vague et très éloigné. 

L’homme dans son état présent est fort loin de la connaissance de soi. C’est pourquoi, en toute rigueur, le but d’un homme ne peut pas être la connaissance de soi. 

Son grand but doit être l’étude de soi. 

Il lui suffira largement de comprendre qu’il doit s’étudier lui-même. 

Ce doit être le but de l’homme que de  commencer à s’étudier lui-même, à se connaître lui-même, de la manière qui convient. L’étude de soi est le travail, ou la voie, qui conduit à la connaissance de soi.

Mais pour s’étudier soi-même, il faut d’abord apprendre comment étudier, par où commencer, quels moyens employer. Un homme doit apprendre comment s’étudier lui-même, et il doit étudier les méthodes de l’étude de soi.

Quelle est la méthode fondamentale pour l'étude de soi ?

La méthode fondamentale pour l’étude de soi est l’observation de soi

Sans une observation de soi correctement conduite, un homme ne comprendra jamais les connexions et les correspondances des diverses fonctions de sa machine, il ne comprendra jamais comment ni pourquoi, en lui, “tout arrive”.

Comment définir l'observation de soi ?

Il y a deux méthodes d’observation de soi : la première est l’analyse, ou les tentatives d’analyse, c’est-à-dire les tentatives de trouver une réponse à ces questions : de quoi dépend telle chose, et pourquoi arrive-t-elle ? — et la seconde est la méthode des constatations, qui consiste à noter seulement dans sa pensée, au moment même, tout ce que l’on observe.

L’observation de soi, au commencement surtout, ne doit sous aucun prétexte devenir analyse, ou tentatives d’analyse. L’analyse n’est possible que beaucoup plus tard, lorsqu’on connaît déjà toutes les fonctions de sa machine et toutes les lois qui la gouvernent.

En essayant d’analyser tel ou tel phénomène qui l’a frappé, un homme se demande  généralement « Qu'est-ce que c’est ?  Pourquoi cela arrive-t-il ainsi et non autrement ? », etc. Et il commence à chercher une réponse à ces questions, en oubliant tout ce que pourraient lui apporter des observations ultérieures. 

De plus en plus absorbé par elles, il perd entièrement le fil de l’observation de soi, et en oublie jusqu’à l’idée. L’observation s’arrête.

Quel résultat attendre de l'observation de soi ?

Tout essai d’analyse des phénomènes isolés, sans une connaissance des lois générales, est une totale perte de temps. 

Avant de pouvoir analyser les phénomènes même les plus élémentaires, un homme doit accumuler assez de matériel sous forme de “constatations” c’est-à-dire comme résultat d’une observation directe et immédiate de ce qui se passe en lui. 

C’est l’élément le plus important dans le travail de l’étude de soi. 

Lorsqu’un nombre suffisant de “constatations” ont été accumulées et qu’en même temps les lois ont été étudiées et comprises jusqu’à un certain point, alors l’analyse devient possible.

Quelle est le préalable à l'observation de soi ?

Dès le tout début, l’observation ou “constatation” doit être basée sur la connaissance des principes fondamentaux de l’activité de la machine humaine. 

L’observation de soi ne peut être correctement conduite si l’on ne comprend pas ces principes, et si on ne les a pas constamment présents à l’esprit. C’est pourquoi l’observation de soi ordinaire, telle que les gens la pratiquent toute leur vie, est entièrement inutile et ne saurait mener à rien.

L’observation doit commencer par la division des fonctions. 

L’activité entière de la machine humaine est divisée en quatre groupes de fonctions nettement définis. Chacun est régi par son propre “cerveau” ou “centre”. 

En s’observant lui-même, un homme doit différencier les quatre fonctions fondamentales de sa machine : les fonctions intellectuelle, émotionnelle, motrice et instinctive

Chaque phénomène qu’un homme observe en lui-même se rapporte à l’une ou l’autre de ces fonctions. 

C’est pourquoi, avant de  commencer à observer, un homme doit comprendre en quoi diffèrent les fonctions ; ce que signifie l’activité intellectuelle,  ce  que signifient l’activité émotionnelle, l’activité motrice et l’activité instinctive.

La clé de la réussite de l'observation

Il est nécessaire de commencer par le commencement à chaque fois que l'on s'observe, c’est-à- dire de toujours s’observer soi-même comme si l’on ne se connaissait pas du tout, comme si l’on ne s’était encore jamais observé.

Que constatons-nous en premier lieu ?

Lorsqu’on commence à s’observer, on doit essayer aussitôt de déterminer à quel groupe, à quel centre appartiennent les phénomènes que l’on est en train d’observer.

Les uns trouvent difficile de comprendre la différence entre pensée et sentiment, les autres distinguent avec peine entre sentiment et sensation, ou entre pensée et impulsion motrice.

Comment définir les fonctions du « penser », du « ressentir » et du « percevoir » ?

PENSER ou activité intellectuelle

On peut dire, en gros, que la fonction du penser travaille toujours par comparaison. Les conclusions intellectuelles sont toujours le résultat de la comparaison de deux ou de plusieurs impressions.
L’ “imagination” et la “rêverie” sont des exemples du mauvais fonctionnement du centre intellectuel. L’observation de l’activité de l’imagination et de la rêverie constitue une partie très importante de l’étude de soi.

RESSENTIR ou activité émotionnelle

La sensation et l’émotion ne raisonnent pas, elles ne comparent pas, elles définissent seulement une impression donnée par son  aspect, son caractère plaisant ou déplaisant dans un sens ou dans un autre, sa couleur, son goût ou son odeur. Les fonctions du sentiment, ou émotions, sont toujours plaisantes ou déplaisantes ; les émotions indifférentes n’existent pas.

PERCEVOIR ou SENTIR ou activité instinctive-motrice

En outre, les sensations peuvent être indifférentes : ni chaud ni froid,  ni  plaisant  ni déplaisant : “papier blanc”, “crayon rouge”. Dans la sensation du blanc et du rouge, il n’y a rien de plaisant ni de déplaisant. Du moins, rien de tel n’est nécessairement lié à la sensation de l’une ou de l’autre de ces deux couleurs. Ces sensations, qui procèdent de ce que l’on nomme les “cinq sens”, et les autres, comme la sensation du chaud, du froid, etc., sont instinctives. 

D'où provient la connaissance ?

Nous devons comprendre que chaque fonction psychique normale est un moyen ou un instrument de connaissance. Avec l’aide du penser, nous voyons un aspect des choses et des événements, avec l’aide des émotions un autre aspect, avec l’aide des sensations un troisième aspect.

La connaissance la plus complète que nous puissions avoir d’un sujet donné ne peut être obtenue que si nous l’examinons simultanément à travers nos pensées, nos sentiments et nos sensations. 

Tout homme qui s’efforce d’atteindre à la véritable connaissance doit tendre vers  la possibilité d’une telle perception. 

Dans les conditions ordinaires, l’homme voit le monde à travers une vitre déformée, inégale. 

Et même s’il s’en rend compte, il n’y peut rien changer. 

Son mode de perception, quel qu’il soit, dépend du travail de son organisme total. Toutes les fonctions sont interdépendantes et s’équilibrent l’une l’autre, toutes les fonctions tendent à se maintenir l’une l’autre dans l’état où elles sont.

C’est pourquoi un homme qui commence à s’étudier lui-même, s’il découvre en lui quelque chose qu’il n’aime pas, doit comprendre qu’il ne sera pas capable de la changer. 

Étudier est une chose, changer en est une autre. 

Mais l’étude est le premier pas vers la possibilité de changer dans l’avenir. 

Et, dès le début de l’étude de soi, on doit bien se convaincre que pendant longtemps tout le travail consistera seulement à s’étudier.
 

Comment dépasser un état de paresse ?

Publié le par lovol spirit

Comment dépasser un état de paresse ?

Comment dépasser un état de paresse ?

La réponse à cette question concerne un peu tout le monde mais plus particulièrement les personnes dites « déprimées » et celles qui sont victimes de procrastination ou « maladie du lendemain » (remettre toujours à plus tard).

Le sujet est complexe mais vous allez voir qu'en réalité les explications qui vont suivre sont très simples et, surtout, orientées vers la pratique plutôt que la théorie.

Nous allons donc nous questionner sur les enjeux de ce que j'ai appelé « paresse »...

Ou, pour le dire autrement, essayer de comprendre comment dépasser ce sentiment d'être bloqué, de n'avoir pas envie de faire ce qu'il faudrait faire, ce qu'on devrait faire... etc.

Ce sentiment assez dépressif nous conduit la plupart du temps à penser qu'on est nul.

On imagine que ce manque de courage, de motivation, d'élan, de joie, etc. nous caractérise en profondeur, que cela résume notre valeur et l'ensemble de notre personnalité alors que ce n'est qu'une facette parmi tant d'autres.

Certes, c'est une facette qui peut être très présente, voire envahissante, mais il est injuste et inexacte de se réduire à cela : nous ne sommes pas que cela.

Mais alors, comment une petite facette peut-elle devenir si envahissante ?

- Simplement parce qu'elle est stimulée très très souvent, trop souvent !

Et qu'est-ce qui la stimule et la pousse à de manifester si souvent ?

- Une émotion particulière, spécifique.

Voyons cela plus en détail.

Cette émotion particulière se caractérise par ce qu'on appelle « un état d'esprit » ou « une humeur ».

Aussi forte et enracinée que soit une habitude, c'est notre état d'esprit qui l'actionne.

Aussi forte et enracinée que soit une habitude, comme celle de repousser à plus tard les choses « importantes » pour se consacrer à des choses « faciles » mais sans grand intérêt, c'est forcément l'action d'un élément déclencheur.

Cet élément déclencheur est comme un événement extérieur mais il peut aussi n'être que le résultat d'une association d'idées liée à une sensation physique, un souvenir ou une émotion.

Il n'est pas facile de retrouver cet élément déclencheur qui a créé en nous un état d'esprit particulier.

Mais si vous comprenez qu'une habitude, comme ce qui vous rend paresseux ou indolent, inactif, etc. est déterminé par un élément déclencheur précis qui vous aura mis dans l'état d'esprit qui lui est associé, vous avez acquis une clé de première importance dans votre démarche de connaissance de soi et d'éveil.

Cette clé est valable pour toutes vos habitudes et tous vos états intérieurs :

toute pensée, émotion ou geste se réalise dans et grâce à un état d'esprit qui possède au moins un élément déclencheur précis et tout à fait identifiable.

Tout le monde le sait et on l'a peut-être constaté soi-même à plusieurs occasions:

quand on comprend réellement pourquoi on se comporte de telle ou telle manière, on ne peut plus agir tout à fait de la même façon par la suite.

C'est ce que la pratique suivante va vous aider à faire : comprendre ce qui se passe et dans une certaine mesure répondre au « pourquoi » de la fameuse « paresse » ou « déprime passagère ».

Passons maintenant à la pratique !

Ce que je vous propose c'est de vérifier par vous-même un fait très courant et classique.

Il s'agit de vérifier quelque chose que vous pouvez constater quand vous vous sentez déprimé, sans motivation particulière, lassé par la vie et la routine, en manque d'inspiration et fatigué de toujours devoir faire certaines choses :

il existe une envie mise de côté, un désir déçu ou non assumé quelque part !

 

Cherchez bien cette envie mise de côté à un moment précis, cherchez cette attente non réalisée (et peut-être non réalisable) qu'une circonstance vous a rappelée mais que vous avez tout de suite rejeté.

 

- C'est tout ?

- Oui, c'est ça la pratique...

- Plus facile à dire qu'à faire !

 

... quelques considérations supplémentaires pour mieux comprendre.

Il ne s'agit pas de chercher à se trouver un objet de distraction supplémentaire ou perdu, comme lorsqu'on suggère à un ami dans le « bad », pas bien, déprimé, etc. de sortir, d'aller au ciné, de se faire plaisir, etc. Vous voyez que ça ne marche pas bien, voire cela l'énerve et l'agace encore plus.

En quoi chercher à divertir quelqu'un de déprimé n'est pas suffisant ?

Parce que son problème n'est pas identifié, sa frustration n'est pas nommée et lui-même n'a pas envie de chercher plus loin : il a enfoui son désir derrière des raisons et des justifications sans fin.

Ça, c'est la grosse déprime !

Son désir est sans doute à la base inaccessible, irréalisable, alors il a choisit de l'oublier.

Quoi de plus légitime diraient certains...

Pourquoi on renie ses envies d'ailleurs ?

C'est souvent par idéalisation : « on ne doit pas, il ne faut pas, ce n'est pas raisonnable, ce n'est pas juste, ce n'est pas « bien », ce n'est pas normal, ce n'est pas le moment, etc. »

On rejette ainsi une part de nous-même et son message, son énergie.

C'est tout à fait contraire à une démarche de connaissance de soi et d'éveil, n'est-ce pas ? Et pourtant c'est ce que l'on fait de façon machinale au quotidien...

Ce n'est pas parce qu'une envie, un désir ou tout élan émotionnel et sexuel n'est pas « réalisable », quel qu’en soit les raisons d'ailleurs, qu'il faut le rejeter, le bannir, en avoir honte ou s'en lamenter.

Au contraire, le travail et l'effort d'attention mise en jeu (qu'on ne nous a jamais appris à faire) est de prendre en compte ce qui nous anime :

accueillir tout élan intérieur (même le plus anodin) comme une information digne d'intérêt.

Même si cet élan ou impulsion intérieure vous choque, cela reste une information capitale parce qu'elle vous concerne au plus près de ce que vous êtes. (Et sa charge énergétique reste bien vivante, même enfouie au fin fond de votre psychisme...)

 

Pour conclure et ne pas partir vers d'autres aspects qui seront développés plus tard, je vais souligner une information qui me semble centrale :

Il est nécessaire d'apprendre à accepter tout ce qui vient de notre monde intérieur.

Je souligne cet aspect qui semble si facile à dire alors qu'il n'a rien d'évident dans la pratique.

On peut mieux le comprendre si on considère notre éducation « moderne » : l'éducation ne nous incite pas à développer le sens de l'observation de soi. Au contraire elle nous apprend à juger et à classer tout ce que l'on ressent dans des cases selon des codes sociaux et une morale.

Cela nous habitue à tout sauf à accepter les choses nouvelles, étranges, surprenantes ou simplement décalées comme peuvent l'être nos manifestations intérieures.

 

Résumons...

Pour dépasser un état de « paresse », vous devez voir ce qui l'a déclenché.

Pour notre psychologie actuelle, c'est là l'origine de toutes nos habitudes et comportements : nous fonctionnons en réaction à un « événement » où se mêle association d'idées et perceptions sensorielles.

Concernant « la paresse », il est habituel de retrouver derrière l'élément déclencheur une frustration ou une déception en lien avec une envie, une attente ou un désir bien défini.

 

Saurez-vous retrouver ce désir caché ?

Cela demande une certaine aptitude à s'observer soi-même.

Cette aptitude est très embryonnaire mais plus on l'utilise et plus elle se développe.

 

(À suivre)

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Dans une citation, qu'est-ce qui est le plus important? L'auteur, l'idée ou autre chose?

Publié le par lovol spirit

Dans une citation, qu'est-ce qui est le plus important? L'auteur, l'idée ou autre chose?

Quand on lit une citation qui nous touche, ce qui pique ensuite notre curiosité c'est souvent d'en connaître l'auteur.

Nous semblons parfois attacher beaucoup plus d'importance à la personnification des idées qu'aux idées elles-mêmes. D'ailleurs, l'utilisation du nom d'une personnalité reconnue à la suite d'une phrase plus ou moins banale permet qu'on s'y intéresse d'avantage.

Et cela est un indice intéressant de la manière dont on envisage la connaissance de soi, soi étant sans doute la personne que l'on « aime » le plus mal au monde et sur laquelle on se fait un tas d'idées fausses.

Les raisons pour lesquelles on souhaite connaître un auteur n'est-il pas une façon de se détourner de l'essentiel ?

D'ailleurs quelle est l'essentiel dans une citation ?

Vous allez penser à la citation elle-même ou à l'idée qu'elle contient, non ?

Et si ce n'était pas ça ?

N'est-ce pas parce que vous attribuez aux idées un tel intérêt que d'un seul coup vous voulez en connaître l'auteur ?

Vous voulez en savoir plus, n'est-ce pas ? Vous voulez d'une certaine façon continuer à ressentir et approfondir ce que la citation a provoqué en vous.

Mais qu'est-ce que cela a provoqué en vous exactement ?

C'est ce genre de question qui vous ramène sur la voie de la connaissance de soi et de l'éveil.

Chercher dans les circonstances extérieures notre raison d'être, ne nous fait que papillonner de sensations en sensations, de réactions en réactions, de savoirs théoriques en savoirs théoriques.

A un moment donné, il faudra bien s'intéresser un peu à ce qui s'anime en soi, à qui suis-je, à qui est ce « je », à comment est ce « moi », à comment il réagit au niveau des pensées, des émotions et des mouvements du corps.

Qu'on lise une citation qui nous plaît ou nous déplaît, l'important est d'arriver à percevoir "comment ça réagit en nous".

L'important c'est même de commencer par comprendre comment arriver à rendre cette proposition « d'observation de soi » concrète.

Le savoir c'est facile, se le rappeler c'est bien, le pratiquer c'est tout l'intérêt.

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