2 articles avec remise en question

Commencer sur le chemin de la connaissance de soi et de l'éveil de façon simple et concrète

Publié le par lovol spirit

Que veut dire « Connais-toi toi-même ? »

Extrait de « Fragment d'un enseignement inconnu », Ouspensky, chapitre 6.

L’homme ordinaire de notre temps, même s’il s’intéresse à la philosophie ou aux sciences, ne comprend pas que le principe « Connais-toi toi-même » se réfère à la nécessité de connaître sa propre machine, la « machine humaine ».

Le principe « Connais-toi toi-même » a un contenu très riche. Il exige en premier lieu, de l’homme qui veut se connaître, qu’il comprenne ce que cela veut dire, dans quel ensemble de relations s’inscrit cette connaissance, et ce dont elle dépend nécessairement.

Quelle différence entre connaissance de soi et l'étude de soi ?

La connaissance de soi, c’est un but très haut, mais très vague et très éloigné. 

L’homme dans son état présent est fort loin de la connaissance de soi. C’est pourquoi, en toute rigueur, le but d’un homme ne peut pas être la connaissance de soi. 

Son grand but doit être l’étude de soi. 

Il lui suffira largement de comprendre qu’il doit s’étudier lui-même. 

Ce doit être le but de l’homme que de  commencer à s’étudier lui-même, à se connaître lui-même, de la manière qui convient. L’étude de soi est le travail, ou la voie, qui conduit à la connaissance de soi.

Mais pour s’étudier soi-même, il faut d’abord apprendre comment étudier, par où commencer, quels moyens employer. Un homme doit apprendre comment s’étudier lui-même, et il doit étudier les méthodes de l’étude de soi.

Quelle est la méthode fondamentale pour l'étude de soi ?

La méthode fondamentale pour l’étude de soi est l’observation de soi

Sans une observation de soi correctement conduite, un homme ne comprendra jamais les connexions et les correspondances des diverses fonctions de sa machine, il ne comprendra jamais comment ni pourquoi, en lui, “tout arrive”.

Comment définir l'observation de soi ?

Il y a deux méthodes d’observation de soi : la première est l’analyse, ou les tentatives d’analyse, c’est-à-dire les tentatives de trouver une réponse à ces questions : de quoi dépend telle chose, et pourquoi arrive-t-elle ? — et la seconde est la méthode des constatations, qui consiste à noter seulement dans sa pensée, au moment même, tout ce que l’on observe.

L’observation de soi, au commencement surtout, ne doit sous aucun prétexte devenir analyse, ou tentatives d’analyse. L’analyse n’est possible que beaucoup plus tard, lorsqu’on connaît déjà toutes les fonctions de sa machine et toutes les lois qui la gouvernent.

En essayant d’analyser tel ou tel phénomène qui l’a frappé, un homme se demande  généralement « Qu'est-ce que c’est ?  Pourquoi cela arrive-t-il ainsi et non autrement ? », etc. Et il commence à chercher une réponse à ces questions, en oubliant tout ce que pourraient lui apporter des observations ultérieures. 

De plus en plus absorbé par elles, il perd entièrement le fil de l’observation de soi, et en oublie jusqu’à l’idée. L’observation s’arrête.

Quel résultat attendre de l'observation de soi ?

Tout essai d’analyse des phénomènes isolés, sans une connaissance des lois générales, est une totale perte de temps. 

Avant de pouvoir analyser les phénomènes même les plus élémentaires, un homme doit accumuler assez de matériel sous forme de “constatations” c’est-à-dire comme résultat d’une observation directe et immédiate de ce qui se passe en lui. 

C’est l’élément le plus important dans le travail de l’étude de soi. 

Lorsqu’un nombre suffisant de “constatations” ont été accumulées et qu’en même temps les lois ont été étudiées et comprises jusqu’à un certain point, alors l’analyse devient possible.

Quelle est le préalable à l'observation de soi ?

Dès le tout début, l’observation ou “constatation” doit être basée sur la connaissance des principes fondamentaux de l’activité de la machine humaine. 

L’observation de soi ne peut être correctement conduite si l’on ne comprend pas ces principes, et si on ne les a pas constamment présents à l’esprit. C’est pourquoi l’observation de soi ordinaire, telle que les gens la pratiquent toute leur vie, est entièrement inutile et ne saurait mener à rien.

L’observation doit commencer par la division des fonctions. 

L’activité entière de la machine humaine est divisée en quatre groupes de fonctions nettement définis. Chacun est régi par son propre “cerveau” ou “centre”. 

En s’observant lui-même, un homme doit différencier les quatre fonctions fondamentales de sa machine : les fonctions intellectuelle, émotionnelle, motrice et instinctive

Chaque phénomène qu’un homme observe en lui-même se rapporte à l’une ou l’autre de ces fonctions. 

C’est pourquoi, avant de  commencer à observer, un homme doit comprendre en quoi diffèrent les fonctions ; ce que signifie l’activité intellectuelle,  ce  que signifient l’activité émotionnelle, l’activité motrice et l’activité instinctive.

La clé de la réussite de l'observation

Il est nécessaire de commencer par le commencement à chaque fois que l'on s'observe, c’est-à- dire de toujours s’observer soi-même comme si l’on ne se connaissait pas du tout, comme si l’on ne s’était encore jamais observé.

Que constatons-nous en premier lieu ?

Lorsqu’on commence à s’observer, on doit essayer aussitôt de déterminer à quel groupe, à quel centre appartiennent les phénomènes que l’on est en train d’observer.

Les uns trouvent difficile de comprendre la différence entre pensée et sentiment, les autres distinguent avec peine entre sentiment et sensation, ou entre pensée et impulsion motrice.

Comment définir les fonctions du « penser », du « ressentir » et du « percevoir » ?

PENSER ou activité intellectuelle

On peut dire, en gros, que la fonction du penser travaille toujours par comparaison. Les conclusions intellectuelles sont toujours le résultat de la comparaison de deux ou de plusieurs impressions.
L’ “imagination” et la “rêverie” sont des exemples du mauvais fonctionnement du centre intellectuel. L’observation de l’activité de l’imagination et de la rêverie constitue une partie très importante de l’étude de soi.

RESSENTIR ou activité émotionnelle

La sensation et l’émotion ne raisonnent pas, elles ne comparent pas, elles définissent seulement une impression donnée par son  aspect, son caractère plaisant ou déplaisant dans un sens ou dans un autre, sa couleur, son goût ou son odeur. Les fonctions du sentiment, ou émotions, sont toujours plaisantes ou déplaisantes ; les émotions indifférentes n’existent pas.

PERCEVOIR ou SENTIR ou activité instinctive-motrice

En outre, les sensations peuvent être indifférentes : ni chaud ni froid,  ni  plaisant  ni déplaisant : “papier blanc”, “crayon rouge”. Dans la sensation du blanc et du rouge, il n’y a rien de plaisant ni de déplaisant. Du moins, rien de tel n’est nécessairement lié à la sensation de l’une ou de l’autre de ces deux couleurs. Ces sensations, qui procèdent de ce que l’on nomme les “cinq sens”, et les autres, comme la sensation du chaud, du froid, etc., sont instinctives. 

D'où provient la connaissance ?

Nous devons comprendre que chaque fonction psychique normale est un moyen ou un instrument de connaissance. Avec l’aide du penser, nous voyons un aspect des choses et des événements, avec l’aide des émotions un autre aspect, avec l’aide des sensations un troisième aspect.

La connaissance la plus complète que nous puissions avoir d’un sujet donné ne peut être obtenue que si nous l’examinons simultanément à travers nos pensées, nos sentiments et nos sensations. 

Tout homme qui s’efforce d’atteindre à la véritable connaissance doit tendre vers  la possibilité d’une telle perception. 

Dans les conditions ordinaires, l’homme voit le monde à travers une vitre déformée, inégale. 

Et même s’il s’en rend compte, il n’y peut rien changer. 

Son mode de perception, quel qu’il soit, dépend du travail de son organisme total. Toutes les fonctions sont interdépendantes et s’équilibrent l’une l’autre, toutes les fonctions tendent à se maintenir l’une l’autre dans l’état où elles sont.

C’est pourquoi un homme qui commence à s’étudier lui-même, s’il découvre en lui quelque chose qu’il n’aime pas, doit comprendre qu’il ne sera pas capable de la changer. 

Étudier est une chose, changer en est une autre. 

Mais l’étude est le premier pas vers la possibilité de changer dans l’avenir. 

Et, dès le début de l’étude de soi, on doit bien se convaincre que pendant longtemps tout le travail consistera seulement à s’étudier.
 

Régime de fou! Et si intérieurement vous étiez en dictature ?

Publié le par lovol spirit

Régime de fou! Et si intérieurement vous étiez en dictature ?

Et si vous aviez tout faux vous concernant ?

 

  • Vous sentez-vous libre penseur et suffisamment cultivé pour croire en la justesse de vos raisonnements ?
  • Appliquez-vous les préceptes Bouddhiques ou suivez-vous tout simplement la générosité de votre cœur ?
  • Pratiquez-vous la méditation ou toute pratique qui favorise votre santé et votre épanouissement intérieur ?

Si c'est le cas, pensez-vous qu'il soit tout de même possible que se cache en vous un vrai tyran et un régime de terreur ?

Par honnêteté intellectuelle ou par simple curiosité, vous pouvez vérifier dans quelle mesure ces quelques aspects incontournables de toute dictature vous concernent.

 

Avez-vous le culte de vous-même ?

 

Difficile de répondre non quand vous considérez la meilleure part de vous-même comme d'essence spirituelle pour ne pas dire divine : ça ressemble étrangement au culte du Roi-Soleil.

Et que dire du soin que vous apportez à votre image, à ce que vous donnez à voir aux autres.

N'y a-t-il pas une préoccupation systématique pour qu'on ne se fasse pas d'idées fausses sur vous ? Face à une critique injuste dirigée contre vous, qui voudrait rester silencieux ?

Qui ne se considère pas comme le chef et le décideur de sa vie ?

Et sinon, qui n'aspire pas à l'être ?

C'est bien le culte du MOI qui gouverne la plupart du temps :

c'est Ma vie, Mon chemin, Ma façon de voir, c'est Mon choix etc...

 

Régime de fou! Et si intérieurement vous étiez en dictature ?

Avez-vous une mémoire révisionniste ?

 

En dictature, le révisionnisme et le contrôle de l'information sont la règle : tout ce qui pourrait heurter le pouvoir en place est supprimé ou modifié.

 

Votre perception, comme votre mémoire, fonctionne-t-elle différemment ?

Pas vraiment, la mémoire est très sélective et ne retient que ce qui vous arrange.

Dans la mémoire tout se mélange un peu, tout se simplifie, tout est interprété, souvent pour la bonne cause afin de combler les oublis et les approximations d'une perception partisane.

Et puis si vous vous accommodez souvent de petits mensonges par omission, il existe un système de censure bien plus redoutable et qui s'appelle le déni !

Grâce à lui, vous pouvez passer au détecteur de mensonge en toute impunité : plus de traces suffisamment conscientes pour vous faire douter de l'honnêteté de vos souvenirs.

Alors révisionniste ou pas, votre mémoire ?

 

Régime de fou! Et si intérieurement vous étiez en dictature ?

Avez-vous une opinion digne d'un parti unique ?

 

En dictature, nous avons toujours une version officielle qui est défendue coûte que coûte. Elle doit entretenir une idéologie qui favorise et conforte le pouvoir du chef suprême. Le moyen est la propagande...

 

Votre expérience, votre éducation, vos connaissances et même votre savoir faire, tout cela vous donne un jugement sûr, n'est-ce pas ?

Et c'est en vertu de tant d'années de réflexion que vous avancez sereinement vos principes et réflexions qui vous semblent si justes et si raisonnables en l'état des connaissances générales qu'on ne saurait taxer vos « certitudes » de « croyances » sans vous vexer profondément.

Or, n'est-ce point cette difficulté à envisager un autre point de vue que le votre qui est le fondement même d'une pensée rigide et unique ?

Lorsque vous parlez, c'est pour faire entendre la justesse de votre point de vue. Ne lutteriez-vous pas jusqu'au bout pour faire entendre raison à ceux qui semblent dans l'erreur de croire aveuglément à une superstition par exemple ?

Forcément, l'ignorance et la bêtise semblent inacceptables...

Mais de votre point de vue seulement, toujours de ce point de vue personnel qui semble si difficile à remettre en question qu'il soit partagé par une majorité écrasante ou qu'il soit votre exclusivité.

Votre pensée, aussi brillante soit-elle, se préserve par réflexe défensif de la remise en question, comme l'idéologie d'un parti unique.

Votre propagande c'est l'auto-suggestion qui vous accompagne à chaque fois que vous avez besoin de vous remettre sur les rails de votre programme, de vos exigences, de vos attentes.

Question slogan, il existe une formule passe partout très efficace :

« oui, je sais ! »

Il n'est d'ailleurs jamais question d'être pris en défaut, sinon gare à la colère du MOI si injustement remis en cause dans sa toute puissance.

Alors, comment comptez-vous sortir de votre sentiment d'avoir raison face à ce que vous ne comprenez pas ?

Régime de fou! Et si intérieurement vous étiez en dictature ?

Êtes-vous votre propre ennemi ?

 

En dictature, il y a de la répression, voire un climat de terreur car c'est ainsi qu'on maintient un pouvoir totalitaire voué à un chef qu'on est paradoxalement sensé adorer.

Vous êtes votre propre chef à adorer.

Sauf que ce chef n'est pas vraiment vous-même, c'est vous en version idéalisée, c'est votre MOI idéal, celui que vous aimeriez être, celui qu'il faudrait être.

Combien de culpabilité et de peurs sont liées à cette quête pour correspondre et obéir au dictât de votre MOI idéal ?

A quel point cédez-vous à ce sentiment d'insécurité ou de malaise quand vous ne faites « pas bien », quand vous pensez ou ressentez de façon injuste, incorrecte ou mauvaise, quand vous vous laissez aller et que vous ne faites pas ce qu'il aurait fallu faire, ce que vous vous étiez promis de faire...

et ce malgré vos auto-suggestions, cette forme de propagande intérieure qui sert à vous convaincre que vous allez y arriver, que le bonheur est là, pas loin, qu'il faut juste du courage, il n'y a qu'à faire, il faut qu'on..., etc.

Comment comptez-vous connaître l'amour et la paix ainsi ?

Régime de fou! Et si intérieurement vous étiez en dictature ?

Existe-t-il un contre-pouvoir en vous ?

 

Il y a bien cette petite voix qui se rebelle en vous mais qui, comme dans toute dictature, est pointée du doigts comme le mal incarné, la cause de tous les conflits.

 

Combien de personnes se sentent mal d'être ce qu'elles sont ?

Combien de personnes se critiquent injustement, se dévalorisent, se condamnent au regard d'un Moi idéal qu'elles n'ont même pas décidés d'avoir ?

 

La société et l'éducation vous amènent à renforcer et à légitimer un fonctionnement psychologique basé sur la peur du manque, la compétition, le sentiment que vous êtes unique, particulier, indépendant ! Que la vie est une jungle, que c'est une loi naturelle incontournable, etc.

 

Mais ne fuyez pas tout de suite en vous tournant vers des coupables extérieurs à vous-même.

Cette dictature, vous la portez dans votre propre fonctionnement :

  • culte du MOI (le chef) ;
  • perception partisane et révisionnisme d'une mémoire sélective, fantaisiste et donc naturellement mensongère ;
  • propagande par auto-suggestion pour renforcer ses idéaux et résister à la remise en question;
  • oppressions par la peur de trahir son image et la culpabilité de n'être pas à sa hauteur ;
  • diabolisation de ce qui semble illégitime et contraire au culte du moi et à son idéologie.

 

Alors, n'y a-t-il pas un peu de dictature en vous ? ^^

 

Et à part ça, vous comptez faire la révolution quand ? :D